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Village de FORT-COULONGE
Ensemble, la force de demain

Le site web du village de Fort-Coulonge dans la MRC de Pontiac en Outaouais.

L’histoire de Fort-Coulonge

Sur plus de 300 ans, l’histoire de Fort-Coulonge par Maurice Thibaudeau

Article mis en ligne le 13 février 2016
dernière modification le 4 février 2016

par Municipalité de Fort-coulonge
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À l’origine du premier établissement :, Louis d’Ailleboust sieur de Coulonge et de la Madeleine

Nicholas d’Ailleboust, Sieur de Coulonge, passa l’hiver 1694-95 près de l’embouchure de la rivière Coulonge, établissant ainsi l’une des premières colonies de la rivière des Outaouais.

Ce premier poste de traite s’appelait Fort-Coulonge. En 1760, la Compagnie du Nord-Ouest en assuma la gestion et, en 1821, le fort devint la propriété de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Jusqu’en 1828, il servit de poste principal de la rivière des Outaouais. La ferme de 655 acres du poste a été vendue en 1844 et les bâtiments en 1855. Le poste de traite se transforma, devenant le village de Fort-Coulonge, sis à quelques kilomètres au bas de la rivière.

La première scierie de la région fut construite en 1843 par George Bryson. La première chapelle en bois fut érigée en 1873, mais elle fut remplacée par une église en brique en 1884 suite à un incendie. En 1886, le chemin de fer ralliait Fort-Coulonge. Le 10 décembre 1888, Fort-Coulonge devint une municipalité et John Bryson assuma la charge de maire.

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Avant 1600

4000 avant J.-C. les LAURENTIENS, nomades autochtones, circulent dans la vallée de l’Outaouais, chassant, cueillant et pêchant pour assurer leur subsistance. Ils façonnent la pierre pour fabriquer des gouges pour le travail du bois dur, des couteaux semi-circulaires, des poids de filet de pêche et des poids pour propulseur. Il ont également des couteaux et des pointes de flèche en ardoise. Le cuivre leur sert à fabriquer des pointes de jet, des hameçons, alènes, harpons, couteaux, haches, aiguilles dont certaines à chas, bracelets, perles et pendentifs. On a retrouvé vers 1960 un grand nombre de ces objets sur les îles aux Allumettes et Morrison(île de Tessouat). Ces gens auraient occupé de façon continue le territoire de l’Outaouais jusque vers 500 avant Jésus-Christ.

On croit que les Laurentiens seraient les ancêtres des Algonquins. Les communautés se transforment progressivement, se dispersent ou s’unissent à d’autres groupes du sud. Vers l’an 1000, l’occupation du territoire est plus restreinte. Le climat s’est modifié sensiblement et le nord de l’Amérique subit une mini ère glaciaire. Les populations s’installent plus au sud mais parcourent le territoire du nord pour chasser.

Quelques centaines d’années plus tard, les groupes semblent se reconstituer et commencent à s’installer de nouveau plus au nord, jusqu’à former les nations algonquines rencontrées par les premiers européens qui ont visité la vallée du St-Laurent et celle de l’Outaouais.

Lors de son passage en Amérique en 1534, Jacques Cartier aurait rencontré des Iroquois, occupant toute la vallée du St-Laurent. La deuxième vague d’européens à y séjourner au début des années 1600, ne rencontre que des Montagnais, des Hurons et des Algonquins. Il semble qu’au cours du 16e siècle, ces derniers, beaucoup plus nombreux, ont chassé les Iroquois vers le sud des Grands Lacs.

Fin du 16e siècle

Les HURONS (Wendat) occupent le territoire de l’Outaouais. Ils habitent plusieurs villages fortifiés. Ils cultivent le sol, vivent également de pêche et de commerce. Un groupe d’environ 50 individus habite près du lac St-Patrice, au nord-ouest de Fort-Coulonge.

Les ALGONQUINS, ceux de l’Île aux Allumettes et ceux de la Petite-Nation, peuple nomade, sont également présents dans la vallée et dans le territoire un peu plus au nord. Ils chassent et trappent.

Les IROQUOIS habitent au sud de la vallée. Ils possèdent une structure sociale et politique élaborée basée sur le matriarcat. Ils cultivent le maïs, la citrouille et le tabac. Ce sont des guerriers fort bien entraînés à la défense de leurs intérêts.

Les OUTAOUAIS ou Cheveux-Relevés, habitent la région au nord du lac Huron, près du lac Népissing. La rivière a hérité de leur nom du fait qu’elle est la route qui mène aux Grands Lacs.

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1601-1700

Le territoire situé entre les Grands Lacs et le fleuve St-Laurent est réparti entre de nombreuses nations amérindiennes, soit du groupe Hurons - Iroquois ou encore du groupe Algonquin - Montagnais

Plusieurs nations algonquines occupent le bassin de l’Outaouais. Au nord, on retrouve les KOTAKOUTOUEMI, à l’est, les WESKARINI, au sud, les KINOUCHEPIRINI et les MATOUWESKARINI.

Au centre, les Algonquins de l’ïle aux Allumettes ou la nation Kichesipirini (Gens de la Grande Rivière) tiennent en permanence un poste à l’Île où ils prélèvent un droit de passage aux voyageurs qui y passent. Les Algonquins occupent l’Île aux Allumettes et l’Île Morrison, aussi appelée l’Île du Borgne ou l’Île de Tessouat, du nom du chef des Kichesipirinis. Ces Îles sont reconnues pour leur position stratégique sur la route du commerce.

13 juin 1611

Étienne Brûlé est de retour à Québec en compagnie d’un groupe de Hurons. Il a passé un an avec ceux-ci afin d’apprendre leur langue. Il sera ainsi interprète ou truchement, tel qu’on les appelait alors.

Dans la vingtaine, Étienne Brulé, selon Champlain, "qui vint habillé à la sauvage, qui se loua du traitement des Sauvages, selon leur pays et me fit entendre tout ce qu’il avait vu au cours de son hivernement et ce qu’il avait appris des Sauvages".

Étienne Brûlé serait "le premier européen à avoir remonté l’Outaouais".

été 1611 au printemps 1612

Nicolas Vignau, à la demande de Samuel de Champlain, voyage par la rivière des Algoummequins (Algonquins). Après avoir séjourné quelque temps au lieu dit Portage du Fort, il aurait passé l’été et l’automne 1611 ainsi que l’hiver et le printemps 1612 à l’Île des Allumettes, chez les Kichesipirinis pour y apprendre la langue.

6 juin 1613

Samuel de Champlain séjourne à Portage (Portage-du-Fort). Il se rend jusqu’à l’Île des Allumettes pour rencontrer les Algoummequins.

Il était parti le 27 mai de l’île Ste-Hélène, près de ce que sera un jour Ville-Marie (Montréal) en compagnie d’un guide indien et de quatre compagnons français, dont Nicolas Vignau.

Samuel de Champlain
On représente habituellement Champlain par le dessin ci-contre. On croit que ce serait plutôt le portait de Michel Particelli, un contrôleur des finances de Louis XIV.

Cette illustration a été dessinée par Samuel de Champlain. Il se représente ainsi lors du premier affrontement avec les Iroquois.

1615-1616

Champlain remonte la rivière des Outaouais, passe par le lac Coulonge, l’Île des Allumettes, puis Mattawa et se rend en Huronie.

1618-1620

Jean Nicolet, de la Compagnie des Marchands de Rouen et de St-Malo, habite avec les Algonquins de l’Île aux Allumettes pour y apprendre la langue et pour mieux connaître le territoire.

1632

Champlain fait graver en France en 1632 une carte de son trajet réalisé en 1616 sur laquelle il indique à l’aide de chiffres, certains sites visités, des rapides importants (Sault) ou des campements indiens.

La position 80 indique la position des grands rapides situés au sud de l’Île du Grand-Calumet. La position 81 indique l’emplacement de l’Île des Allumettes, habité par les Algonquins.

La carte de 1632 de Samuel de Champlain

La position 82 correspond approximativement à l’emplacement de Fort-Coulonge et y indique un campement algonquin. Un peu au nord, on note les symboles des montagnes et des arbres indiquant sans doute la présence de forêts de grands pins.

hiver 1635-1636

François Marguerie de la Haye passe l’hiver avec les Algonquins de l’Île aux Allumettes. Il est surnommé par ceux-ci HOMME DOUBLE car "il est l’homme blanc le mieux adapté à leurs coutumes et à leurs idiomes".

1645

La compagnie des Habitants encourage les coureurs des bois à se rendre chez les Indiens pour en ramener les fourrures. La route des pays d’En-Haut (Grands Lacs) passe par la rivière des Outaouais.

1650

Le Jésuite Paul Ragueneau, guidé par Nicholas Perrot remonte l’Outaouais et se rend en Huronie.

Les Iroquois s’acharnent à disperser ou à anéantir les Hurons, les Neutres et les Algonquins. Le père Ragueneau revient vers Québec, traverse le pays des Algonquins et fait le constat suivant :

"Lorsque je montais cette grande rivière, il n’y a que treize ans, je l’ai vue bordée de quantité de peuples de langue algonkine, qui ne connaissaient pas un Dieu, et lesquels au milieu de leur infidélité s’estimaient les dieux de la terre, voyant que rien ne leur manquait, dans l’abondance de leurs pêches. de leurs chasses. et du commerce qu’ils avaient avec leurs nations alliées, et avec cela, ils étaient la terreur de leurs ennemis. Depuis [la croix du Christ les a] mis en proie aux misères, aux tourments et à des morts cruelles, en un mot, c’est un peuple effacé de dessus la terre."

Relations des Jésuites, vol. XXXV, 1649-1650 p. 204

Après cette date et jusqu’à la fin du siècle, le sud et le nord de l’Outaouais devient le terrain de chasse des peuples Iroquois.

1654

À partir du milieu du 17e siècle, la route de l’Outaouais, nommée du nom des indiens Outaouais ou Outouaks habitant les Pays d’en Haut, devient la route de l’Ouest et de la traite des fourrures.

1657

Sur la carte relatant son voyage de 1645 en Huronie, le père Francesco-Giuseppe Bressani indique la position des rapides situés autour de ce que sera l’île de Rapides des Joachims.

à partir de 1658

La guerre reprend entre les Iroquois d’une part et les Français, les Algonquins et les Hurons d’autre part. La route de l’Outaouais n’est alors pas très sûre ce qui compromet particulièrement le commerce des fourrures provenant des Grands Lacs.

Printemps 1686

Les établissements anglais de la baie d’Hudson constituent une menace pour la Nouvelle-France. Les Français font la traîte des fourrures avec les indiens de ce territoire. Le gouverneur et lieutenant-général en Canada, Acadie, Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale, le marquis Jacques-René de Brisay de Denonville autorise qu’un groupe parte chasser pour la Hudson Bay Company du nord et de l’ouest de la Nouvelle-France. Le Chevalier Pierre de Troyes commande la mission. Son groupe se compose d’une centaine de personnes. Le départ a lieu de Montréal, en mars 1686.

Le 1er mai, le groupe est de passage en face du site actuel du village de Fort-Coulonge. Le Chevalier de Troyes tient un journal de route rigoureux sur sa mission. Il ne signale aucun établissement à cet endroit. Il installe un campement sur le lac des Allumettes, dans l’actuelle Baie Lamure, près de Petawawa, Ontario. À cette époque, la vallée de l’Outaouais n’est qu’un lieu de passage des coureurs des bois vers les Grands Lacs et vers la Baie d’Hudson.

Hiver 1694-1695

Louis d’Ailleboust, Sieur de la Madeleine et de Coulonge, coureur des bois et commerçant de fourrures, occupe en compagnie d’une trentaine d’hommes, un fort situé à l’embouchure de la rivière que l’on nomma COULONGE. Ils y passent l’hiver 1694-95, à chasser et à trapper. Certains dirent qu’ils étaient bloqués par les Iroquois. À cette époque, ces derniers sont passablement affaiblis, surtout à cause des expéditions punitives organisées contre eux par les Canadiens et les autres Amérindiens. Au printemps, ils repartent en direction de Ville-Marie pour vendre ce qu’ils ont récolté.

Louis d’Ailleboust, Sieur de la Madeleine et de Coulonge (1656-1747) est le fils ainé de Charles-Joseph de Musseaux et de Catherine Le Gardeur de Repentigny. Son père est le neveu de Louis d’Ailleboust de Coulonge et d’Argentenay, gouverneur général de la Nouvelle-France de 1648 à 1651, et décédé en 1660. Ce dernier n’ayant pas de fils, son neveu Louis, l’aîné des fils de son frère, hérite des titres de noblesse de la famille.
Il est donc le seul à porter le titre de Sieur de Coulonge.

Louis n’est pas à proprement parler un héros comme certains de ses frères tels que Pierre d’Ailleboust d’Argenteuil et Nicolas d’Ailleboust de Menthet. Louis est un coureur des bois aventurier et assez peu scrupuleux. Il n’est pas associé à une compagnie de traite de fourrure. Il agit pour ses intérêts malgré les interdictions des autorités. On attribue à tort la fondation du fort Coulonge à un de ses frères, Nicolas, puisque celui-ci a une feuille de route comportant des exploits jugés plus méritants.

Les coureurs des bois n’ont pas toujours bonne réputation,. On reconnaît cependant " que quelques-uns d’entre eux... ont joué un rôle de premier ordre dans l’histoire de la colonisation..., et furent pour (le) pouvoir local, des collaborateurs irremplaçables..., guides..., interprètes..., souvent ambassadeurs et diplomates"
(R. Harang-Tiercin).

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1701-1800

Début du 18e siècle

Peinture de H.A. Ogden montrant des voyageurs quittant un poste de traite

La menace iroquoise nuit considérablement à la livraison des fourrures aux établissements situés sur les bords du fleuve St-Laurent. Cette menace disparaîtra rapidement avec la Grand Paix de Montréal de 1701.

La région située le long de la rivière des Outaouais n’est pas colonisée durant le régime français afin de maintenir la traite des fourrures avec les Amérindiens qui y habitent. Les Français maintiennent une garnison militaire dans plusieurs forts le long de l’Outaouais dont le fort Coulonge. Les fourrures y sont livrées, puis on les achemine sous escorte vers les grands centres de la colonie. Après 1763, les Anglais ont le même souci de décourager l’installation de colons.

mai 1709

Jean Cadieux, né à Boucherville le 12 mars 1671, fils cadet de Jean Cadieux et de Marie Valade, meurt de blessures et d’épuisement en voulant sauver ses compagnons de voyage des attaques des Iroquois. Des canotiers venus d’Oka auraient trouvé son corps, en haut des Sept Chutes du Grand Calumet, tenant dans ses mains un texte écrit sur une écorce de bouleau, relatant sa mort, à l’origine de la légende La complainte de Cadieux.

Voici un extrait du texte de la Complainte de Cadieux :

"Petit rocher de la haute montagne,
je viens ici finir cette campagne !
Ah ! doux échos, entendez mes soupirs
en languissant, je vais bientôt mourir."

Cadieux s’engageait depuis 1695 pour conduire des canots dans la région des Grands Lacs pour en ramener des fourrures. Il a épousé le 30 mai 1695 à Boucherville, Marie Bourdon, né le 11 août 1675 au même endroit. On dit de cette dernière qu’elle était algonquine. Ses parents, possiblement adoptifs, étaient Jacques Bourdon (1650-1724) et Marie Ménard (1658-1726), tous deux nés en France. Après la mort de Jean Cadieux, elle épouse Antoine Quenneville le 26 mai 1710 à Longueuil.

Situé au confluent de la rivière Coulonge et de la rivière des Outaouais, le FORT COULONGE est constitué d’une palissade de billots pointus à l’intérieur de laquelle ont retrouvait une maison et quelques bâtiments.

Le site du fort Coulonge devient un poste de traite des fourrures puisque Louis d’Ailleboust, puis ses fils, Antoine, Louis (sieur de la Madeleine) et Paul-Joseph (sieur de Coulonge) feront commerce avec les Indiens Algonquins et Tête-de-Boules du lac Sqaw (situé un peu au nord-est du fort Coulonge) durant plus de cent ans à cet endroit. Le poste est d’autant plus important, puisqu’il se situe sur la route de l’Ouest. Le poste est habité par des militaires, des commis des compagnies de traite ou des traités autorisés.

Le poste est une véritable auberge où les voyageurs s’arrêtent pour s’approvisionner ou apporter les marchandises indispensables à la traite. On y trouve gîte, repas et sécurité. On s’y arrête aussi pour enterrer les morts puisqu’un cimetière existe à proximité.

1758

Devant la menace anglaise, le gouverneur VAUDREUIL rappelle en 1758 les garnisons de tous les forts et postes de traite de l’Ouest de la Nouvelle-France afin qu’elles participent à la défense des établissements situés en bordure du fleuve St-Laurent.

1759

Dès que Montréal est conquis, les Anglais s’empressent d’aller occuper les forts situés à l’Ouest puisqu’une grande partie des fourrures en proviennent.

1761

Alexander Henry, marchand anglais, se dirige vers les Pays d’en Haut par l’Outaouais. Il note la présence du fort Coulonge.

1763

Pontiac (Obwondiag, Pondiag ou Pondiac), le Grand Chef des Odawas (Outaouais) de la région du lac Nipissing et Chef Suprême de la Confédération des Algonquins des Grands Lacs, déclenche une guerre contre les Anglais. Il tente de convaincre toutes les tribus amérindiennes de faire front avec lui. Thomas Gage, Gouverneur de Montréal interdit le commerce avec les pays d’En-Haut.

Pontiac laissera son nom à l’immense territoire situé autour du fort Coulonge.

vers 1777

L’industrie de la coupe de bois s’organise peu à peu. On procède à l’endiguement du chenal situé du côté nord de l’Île du Grand Calumet (Sept-Chutes) afin de permettre le passage des billes de pin équarries.

1784

Sous l’occupation britannique, le commerce continue de s’accroître. La compagnie du Nord-Ouest reconstruit le fort Coulonge en 1784.

On croit que le fort original était situé à l’embouchure de la rivière, du côté ouest, à l’endroit présentement occupé par l’usine de sciage de Davidson ou encore en face, du côté est de la rivière. Le nouveau fort est construit un peu en amont, près d’une pointe et d’une plage de sable, à environ un kilomètre à l’ouest de l’embouchure. Un pont près du site probable porte toujours le nom de Pont du Fort.

Ayant absorbé la compagnie du Nord-Ouest, la compagnie de la Baie d’Hudson y maintient un poste de traite important jusqu’en 1855.

Le poste du fort Coulonge, entouré de pieux de bois de 12 pieds de hauteur, comprend :

  • la maison du bourgeois avec son énorme cheminée en pierre, mesurant 21 sur 26 pieds ;
  • la maison des serviteurs (démolie en 1873), reliée à la précédente et au magasin par une vaste cuisine ;
  • la maison des commis ayant une haute cheminée, mesurant 15 sur 26 pieds ; l’hôtellerie, 27 sur 26 pieds (démolie en 1873) ;
  • la forge, 15 sur 15 pieds ; l’entrepôt à canots, 24 sur 46 pieds (démoli en 1837) ; le magasin, 31 sur 27 pieds (encore debout en 1897) ; la glacière, 16 sur 16 pieds ; un mât s’élève entre le magasin et la maison du bourgeois ;
  • le cimetière était situé en bordure de la rivière des Outaouais ; les constructions sont de bois équarri et lambrissé avec couvertures en bardeau à deux versants à pic ; les fenêtres sont étroites et les portes peintes en rouge ;

1786

Joseph Mondion, originaire de la seigneurie de Vaudreuil, s’installe aux Chats, à l’extrémité ouest du lac Deschênes. En 1686, le chevalier de Troyes y passe et nomme le site à cause "des roches dont la rivière est remplie, et qui égratignant, par manière de parler, les canots des voyageurs, leur ont donné lieu de lui imposer ce sobriquet". Pour d’autres, il s’agit plutôt de l’abondance des ratons-laveurs (chats sauvages) dans la région puisque les premières chutes se seraient appelées le "Sault-des-chats-sauvages".

1792

Le marchand de fourrures John MacDonnell visite le poste du fort Coulonge qu’il trouve en mauvaise condition.

1793

Le gouvernement projette d’ériger le canton de Clarendon. On octroyera des lots aux 15 premiers demandeurs en 1826

1795

Les majors Gale et Duberger réalisent une carte désignant l’emplacement et le nom de 17 nouveaux cantons (townships) pour ce qui sera nommé Comté de Pontiac.

1800

Joseph Mondion vend le poste et la ferme qu’il a installé aux Chats à une société montréalaise formée de Thomas et John Forsyth et de John Richardson.

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1801-1900

Début du 19e siècle

1801-1900

Au début de ce siècle, la région de l’Outaouais est toujours peu habitée par la population d’origine européenne. Le gouvernement ne favorise pas le peuplement, laissant plus de liberté au commerce des fourrures. Plusieurs familles françaises y habitent tout de même et y commercent avec les autochtones.

dessin d’Alexander Henderson représentant une terre en défrichement

1805

Inauguration du canton d’Onslow.

vers 1810

Deux chefs Algonquins se présentent chez Philemon Wright à Hull pour lui demander de quel droit il "coupe leur bois et prend possession de leur territoire", expliquant qu’ils "ont possession paisible et tranquille de ces terres depuis des générations".

1819

Début de l’immigration irlandaise dans la Vallée de l’Outaouais, particulièrement autour de Hull.

1820

Premier établissement sur l’Île du Grand Calumet.

Poste de traite de Fort-William

1823

John McLean établit un poste de traite sur l’Île aux Allumettes. Un peu plus tard dans l’année, il en établit un autre pour la Compagnie du Nord-Ouest, le poste du lac des Allumettes, sur le site actuel de Fort-William, au nord-ouest de l’île. Le comptoir de traite est situé en bordure du lac des Allumettes, juste à côté de celui d’Aenas MacDonell, un ancien employé de la Compagnie. On y ouvrira un bureau de poste en 1848.

1820 à 1850

La plupart des terres sont concédées à des protestants irlandais ou britanniques. Les Canadiens-Français et les Métis, le plus souvent coureurs des bois, voyageurs, bûcherons et employés de compagnies, ont la possibilité de s’installer que sur l’Île du Grand Calumet. Le site du fort Coulonge et le territoire adjacent accueille également plusieurs familles mais à cet endroit, aucune terre n’est encore concédée.

1821

Étienne Bessette occupe un poste de traite (poste Bisset) à l’emplacement du village de Bryson. Le site portera plus tard le nom de Havelock puis il est renommé Bryson en 1872.

1831

Établissement des Irlandais principalement dans les cantons d’Eardley, Onslow, Bristol, Litchfield, Mansfield et Sheen.

1833

Inauguration le 17 janvier, du canton de Clarendon. Le canton est "réservé" à des immigrés protestants et anglophones. Malgré ce fait (selon le Père Gravelle), Benjamin L’Écuyer s’y installe en 1834, la veuve Lydia Lebeau et ses 6 enfants en 1841, Henri Lemeunier (Lemonnier) en 1846, Olivier St-Louis, Antoine Benjamin, Francis Bergin, Édouard Carrier, Maxime-William Deschamps et Pierre Dubeau vers 1851, Basile Robitaille en 1854 et, Alexandre Bourgau et Joseph Julien en 1864 ainsi que 2 autres familles du nom de Robitaille.

1834

Inauguration des cantons de Litchfield et de Bristol.

Bille de pin équarri

1840

L’industrie du bois est en plein essor tandis que celle des fourrures est en perte de vitesse depuis plusieurs décennies. Les billes de pin blanc sont particulièrement recherchées. Plusieurs camps sont en activité sur le territoire. Les billes sont équarries à la hache et transportées par des chevaux jusqu’aux rivières où elles flottent individuellement jusqu’à la rivière des Outaouais.

descente de rapides en radeau

Pour les acheminer vers le St-Laurent jusqu’à Québec, les billes de bois sont rassemblées sous forme de radeaux (cages). Les radeaux descendent l’Outaouais, contournent Montréal puis sont dirigés vers Québec. Les radeaux sont démantelés puis chargés sur des navires en direction de l’Angleterre. On utilisera ce moyen de transport jusqu’au début du 20ième siècle.

camp sur radeau

L’écossais Georges Bryson, fait construire une glissoire à billots de 915 mètres de long pour éviter les Chutes Coulonge (48 mètres de haut).

Georges Bryson est né en 1813 et décédé en 1900. Il est le fils de James Bryson et de Jane Cochrane, de Paisley en Écosse. Il épouse Robina Cobb. Son fils, également nommé Georges, épouse Ellen Graig.

Il fait construire un peu plus tard (1843) la première scierie de la région.

1843

Construction d’une chapelle de bois au Grand Calumet

1844

L’exploitation agricole de 675 hectares du poste du fort Coulonge est vendue à Louis Brizard, pionnier du Grand-Calumet.

1845

Bryson fait construire une petite maison de pierre sur sa ferme située en bordure de la rivière Coulonge. Elle sert de quartier général. Ce bâtiment, aujourd’hui appelé "maison Gervais" existe toujours et est âgé de 154 ans.

1846

Le 5 novembre, création de la municipalité du canton du Grand-Calumet. L’ouverture de l’église catholique Ste-Anne du Grand-Calumet.

L’ouverture de l’église St-Alphonse de l’Île aux Allumettes (Catholique), située à Chapeau.

1848

L’ouverture de l’église catholique Ste-Marie de Quyon.

1849

Le canton de Mansfield, entourant le village de Fort-Coulonge est incorporé. Fort-Coulonge compte alors environ 50 habitants francophones et quelques anglophones.

Georges Bryson est élu maire de Mansfield en 1850 et préfet du comté en 1862. Il devient membre du Conseil législatif de Québec en 1867. Il participe en 1874 à la fondation de la Bank of Ottawa.

1851

Ouverture de la paroisse catholique St-Alexandre de Clarendon, située à Portage-du-Fort

1854

Commencée en 1835, Georges Bryson termine la construction d’une somptueuse demeure de bois en bordure de la rivière Coulonge. Elle sera habitée jusqu’en 1943 puis rénovée au début des années 1980 pour devenir un attrait touristique majeur dans la région.

Le bateau à vapeur Pontiac est mis en service entre Pembroke, Fort-William, Point Alexander et Rapides-Des-Joachims.

1855

Les bâtiments du poste du fort Coulonge sont vendus à un certain Connelly. Ce dernier y aurait maintenu un magasin général jusqu’en 1866. Vendu par la suite à John Bryson, celui-ci aurait laissé l’endroit à l’abandon. La compagnie de la Baie d’Hudson maintient un poste d’échange de fourrures au village de Fort-Coulonge.

John Childerhose construit un pont sur la rivière Coulonge entre le village et la maison de Georges Bryson, sur l’emplacement de l’actuel pont Rouge.

1856

Au cours de cet hiver, et pour quelques autres, Antoine Bélanger est responsable de transporter des marchandises entre Lachine et Mattawa en utilisant des traîneaux tirés par des chevaux.

1863

Le canton de Pontefract, situé au nord du canton de Mansfield est incorporé. Cette partie du territoire est aussi nommée Bois-Francs.

Le marché du bois est florissant. En cette année, 425 000 billes équarries (3 à 4 tonnes chacunes) sont acheminées par radeau (cages) sur l’Outaouais vers Québec.

1869

Le terrain et les bâtiments du poste de traite de Fort-William sont vendus en mars à John Poupore de Chichester, bûcheron et politicien, membre de l’Assemblée législative de Québec. Le petit-fils de John McLean, Lewes Miller opérera le magasin et l’hotel pour plusieurs années.

1872

Ouverture de la paroisse catholique de St-Paul de Sheenboro

1873

La première chapelle de bois est construite à Fort-Coulonge. Le village est situé sur le delta marécageux, à l’embouchure de la rivière, au nord-ouest de l’île du Grand-Calumet.

1875

On construit à Bois-Francs, à l’entrée du territoire du Haut-Pontiac, l’église catholique Saint-Antoine. La fondation et le cimetière existent encore aujourd’hui.

Ouverture de la paroisse catholique Ste-Élisabeth de Vinton.

Georges Bryson fils fait construire une maison de pierre qu’il nomme Spruceholme (204 rue Principale). Son frère aîné John occupe une maison de pierre située un peu à l’est (200 rue Principale). Vers 1880, Georges Bryson père fait construire pour sa fille, une autre maison de pierre (224 rue Principale), située à l’ouest des précédentes. La famille Rabb l’habite depuis 1938.

1876

Débutée en 1873, on termine en cette année la construction des écluses du chenal de la Culbute, situées à 8 km au nord-ouest du village de Chapeau. Les rapides de la Culbute ne pouvaient pas être franchis sans portage et bloquaient ainsi le passage des bateaux de transport du lac Coulonge au lac des Allumettes.

Écluses du chenal de la Culbute

Les écluses sont composées de deux sections de 200 pieds de long et 45 pieds de large. Elles seront utilisées jusqu’en 1889 puis laissées à l’abandon. Le transport par bateau périclite. On compte désormais sur le chemin de fer pour accélérer le développement des régions.

Écluses du chenal de la Culbute

1884

Détruite par le feu, la chapelle du village de Fort-Coulonge est remplacée par une église en brique. Les premiers registres de la Mission Saint-Pierre de Fort-Coulonge prennent forme à partir du 1er janvier.

Le 6 décembre, la voie ferrée du Pontiac Pacific Junction (PPJ) se rend d’Aylmer à Luskville.

1885

Le tronçon du chemin de fer Luskville à Quyon est inauguré le 24 décembre.

1886

Le 27 janvier, le chemin de fer se rend jusqu’à Shawville. Le 10 octobre, on inaugure le tronçon Shawville à Bryson.

Le chemin de fer se rend jusqu’au village de Fort-Coulonge le 15 décembre.

le PPJ en gare à Fort-Coulonge

1888

Le 2 février, le tronçon du chemin de fer relie Fort-Coulonge à Waltham.

En 1888, la ligne du chemin de fer du Pontiac est complétée d’Aylmer à Waltham. On organise chaque jour deux trains de voyageur à destination d’Ottawa. Le parcours dure 2 heures et 40 minutes.

Le 10 décembre, la municipalité de Fort-Coulonge, située sur la rive sud de la rivière Coulonge est officiellement formée. La région du Pontiac se développe rapidement grâce à l’industrie forestière. Plusieurs camps forestiers sont en activité dans l’arrière-pays.

cambuse vers 1880

1890

Les Bryson font construire l’église presbytérienne anglophone St-Andrew, située tout près des maisons de pierre.

1891

Au recensement, Fort-Coulonge compte 323 habitants.

1892

Un incendie détruit la plupart des bâtiments du fort Coulonge. Le dernier aurait été démoli au début du XXe siècle. Une croix de bois blanche existe toujours entre la route et la rivière, marquant l’endroit occupé par le cimetière.

L’Île du Grand Calumet compte 1400 habitants répartis en 200 familles soit 144 francophones, 40 irlandaises et 16 métis.

1893

La communication téléphonique est maintenant possible entre Fort-Coulonge, Campbell’s Bay, Grand Calumet, Bryson et Portage du Fort.

1898

Le pont Rouge ou Marchand, pont couvert en bois d’une longueur de 129 mètres, est érigé pour faciliter la communication entre Fort-Coulonge et Bois-Francs. Construit entièrement en pin par Auguste Brown, il assure le transport entre le village et les chantiers forestiers.

Il est aujourd’hui le plus long pont couvert du Québec encore utilisé. Il a été classé monument historique en 1989.

1900

Construction d’une scierie située sur le lieu que l’on dit être l’emplacement du premier fort Coulonge (1694 à 1824). L’endroit sera dorénavant connu du nom du propriétaire de l’usine, Robert J. Davidson. Ce dernier l’exploite jusqu’en 1955.

++++

1901 - 2000

Début du 20e siècle

1901
Au recensement, Fort-Coulonge compte 482 habitants.

Construction à Fort-Coulonge de la Jewell House qui deviendra en 1922, l’hôtel Labine. Elle est détruite par le feu en 1979. Elle était située sur l’emplacement actuel de la Banque Scotia (Laurentienne)

1902

Parution du journal La Voix de l’Outaouais de Bryson.

1910

Le dernier radeau de bois équarri passe par le chenal du Grand-Calumet, au sud-est de Fort-Coulonge.

1911

Au recensement, Fort-Coulonge compte 811 habitants.

1913

Cartes postales du village de Campbell’s Bay, 13 juin 1906

1914

Le feu détruit les villages de Portage du Fort et de Bryson. Dans ce dernier, plus de 94 maisons sont détruites.

1921

Au recensement, Fort-Coulonge compte 973 habitants.

1922

Construction de l’école Saint-Pierre de Fort-Coulonge.

1923

Construction de l’église St-Pierre de Fort-Coulonge.

Construction du barrage de Bryson à l’emplacement de la chute du Calumet (30 m de dénivellation sur 1 kilomètre). Cet endiguement fera en sorte de rehausser le niveau de l’eau du chenal du Grand-Calumet jusqu’à Fort-Coulonge. C’est ainsi que des champs cultivés sont devenus le lac du Grand-Marais.

1931

Au recensement, Fort-Coulonge compte 1130 habitants.

1939

Le Conseil municipal de Fort-Coulonge, appuyé du Conseil de Comté, demande au gouvernement du Québec, le prolongement de la route nationale no 8 (route 148) de Sheenboro à Témiscamingue. La route ne sera jamais réalisée.

1941

Au recensement, Fort-Coulonge compte 1072 habitants.

1950

Construction de l’école Poupore de Fort-Coulonge.

1955

Construction de l’école normale Saint-Michel de Fort-Coulonge.

La scierie de Davidson est vendue à J.E. Boyle.

1956

Jean-Baptiste Migneault installe une scierie au Dépôt de Davidson, situé en bordure d’un lac (lac Dépôt) à quelques kilomètres au nord des Chutes Coulonge.

1959

Construction de l’école Youville de Fort-Coulonge.

1961

Au recensement, Fort-Coulonge compte 1823 habitants.

1962

La scierie de Jean-Baptiste Migneault est réaménagée dans la municipalité de Mansfield, dans le quartier St-Camille.

1964

Le pont couvert Marchand (pont Rouge) est rénové et remis en service. Il le sera à plusieurs occasions dans les prochaines années.

1965

La scierie de Davidson est vendu à E.B. Eddy.

6 mai 1966

Un incendie détruit la scierie E.B. Eddy. La reconstruction s’amorce et 23 janvier suivant , la scierie est de nouveau en opération.

1967

M. Rémi Fortin achète la scierie de Jean-Baptiste Migneault, située à Mansfield. Ce moulin portera jusqu’en 1995 le nom des Industries Fortin.

1968

Inauguration du nouveau pont, le Pont Mgr Martel, entre Bryson et l’Île du Grand Calumet.

1971

Au recensement, Fort-Coulonge compte 1784 habitants.

Ouverture de l’école secondaire Sieur de Coulonge.

1972

La rivière Coulonge déborde et inonde le village de Fort-Coulonge. Le phénomène se produit au moment où la rivière des Outaouais est également gonflée. Le village étant situé à l’endroit où ces deux cours d’eau se rencontrent. L’Outaouais, beaucoup plus puissant, refoule les eaux de la Coulonge.

1979

La rivière Coulonge de nouveau encore très haute en ce printemps, déborde et inonde le village de Fort-Coulonge.

1982

Rénovation de la maison de bois de Georges Bryson située près du pont Rouge sur la rivière Coulonge, construite en 1854. Elle avait été laissée à l’abandon depuis près de 40 ans.

1988

Fête du 100e anniversaire du village de Fort-Coulonge

1991

Au recensement, Fort-Coulonge compte 1431 habitants.

1995

Aménagement du site des Chutes Coulonge.

La scierie de bois franc des Industries Fortin est vendue et renommée Produits Forestiers Coulonge.

1996

Anniversaire des 25 années de l’école secondaire Sieur de Coulonge

1998

Suite à un incendie, la scierie de Produits Forestiers Coulonge est réinstallée dans la municipalité de Litchfield, à quelques kilomètres à l’est de Fort-Coulonge.

1999

Fête du 150e anniversaire de la municipalité de Mansfield




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